10.06.2009
Rien de nouveau sous le soleil
par Léon Rozenbaum
Ce qu’il y a finalement de plus surprenant dans l’attitude de l’Occident face à l’Etat d’Israël et face aux Juifs en général est que rien n’est nouveau. Pas même l’aveuglement devant l’inanité de tous ces comportements délirants par leur outrecuidante prétention à nous donner des leçons en s’affublant des oripeaux de la « moralité ».
Toutes ces déviances ont été depuis longtemps décrites, expliquées, dénoncées et mises en lumière pour ce qu’elles sont : au mieux une poutre dans l’œil de celui qui prétend dénoncer une paille dans celui du voisin, et au pire une pulsion de mort irrépressible dont les Juifs devraient nécessairement faire les frais. Le tout sur fond de catastrophe humaine et identitaire et d’effondrement de l’échelle des valeurs d’un Occident désagrégé par l’Islam sur son propre territoire.
Parmi les thèmes les plus insupportables que les médias et les « élites» des pays occidentaux manipulent de nouveau contre Israël, les «colonies » figurent en bonne place.
Il faut une telle dose de mauvaise foi, de mensonge historique, de négation de la règle de droit, d’ignorance crasse et de volonté de nuire pour oser mégotter à notre pays le droit de construire des immeubles destinés à l’habitation de citoyens Juifs en Judée et en Samarie, cœur de la patrie historique du peuple d’Israël, d’où nous tirons même notre nom ( « Juif, Jew, Jude sont des termes issus du mot : « Judéens», habitants de la Judée), il faut une telle complicité volontaire avec les affabulations et la réécriture de l’Histoire imposées par le Monde arabo-musulman à coup de pétrodollars et d’intimidations, que si cela n’était pas si triste, il vaudrait mieux en rire.
La Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, et quelques autres, ont toutes été des puissances coloniales qui ont asservi, pour certaines, des continents entiers, pillant leurs ressources, abusant du travail des colonisés, causant ainsi une peine illégitime à des hommes aliénés des siècles durant, sur laquelle s’est fondée jusqu’à ce jour une bonne partie de leur richesse.
Du côté arabe, le « Djihad », qui matérialise l’expansion politique continue de l’Islam, et la mise en esclavage des peuples conquis n’a pour sa part, jamais eu besoin de se justifier, comme l’Occident colonial, par l’ «apport civilisateur». La domination politique de l’Islam trouverait sa justification pour des motifs théologiques, et d’ailleurs les pays relevant de cette sphère n’ont jamais hésité, jusqu’à ce jour, à s’emparer d’immenses territoires et à asservir et à piller leurs populations. Que cela ne s’appelle pas « colonialisme » relève de l’abus de langage ou plutôt d’une vision raciste de l’Histoire.
Pendant ce temps, le Peuple d’Israël ne disposait pas même d’un centimètre carré de sa petite patrie, bien qu’il ne l’ait jamais oubliée et qu’elle soit demeurée le centre de sa vie liturgique et religieuse. Certes, des Juifs se sont toujours accrochés à leur terre antique, et la pérennité du peuplement juif d’Israël le prouve assez, mais leur souveraineté leur avait été soustraite.
Or les pays d’Occident sont encore, dans bien des cas, des puissances coloniales dont certaines disposent de territoires coloniaux représentant, en surface, plusieurs fois l’Etat d’Israël tous territoires disputés compris!
La Guyane française, à elle seule, avec ses 83000 km2 représente trois fois Israël, Judée, Samarie, Golan et Gaza compris! Ne parlons ni de la Nouvelle Calédonie, ni de la Polynésie, ni des Antilles, ni de la Corse… Quelqu’un a-t-il un jour songé qu’une quelconque « opinion internationale » devait limiter la construction destinée aux Français dans ces territoires coloniaux? Ou les constructions destinées au citoyens britanniques dans « leurs » archipels du Pacifique ou de l’Atlantique, ou celle destinées au citoyens Américains à Porto-Rico, à Hawaï ou à Guam?
La différence essentielle ne réside pas seulement dans ce déni de justice élémentaire, (de quel droit ose-t-on prétendre que nos « colonies» seraient moins «morales» que celles des autres)? Mais en outre, il importe de souligner que les « colonies » juives en Judée, ne sont pas des colonies! Les Juifs sont en Terre d’Israël les autochtones! Au cours des siècles, à plusieurs reprises et en dépit des persécutions, les Juifs sont restés ou redevenus majoritaires dans leur pays. La population arabe n’y a commencé à croître significativement que lorsque le Retour des Juifs a pris un tour massif à la fin du dix-neuvième siècle, créant des foyers de développement qui attirèrent certaines populations arabes des pays voisins.
Le seul document faisant foi en termes de droit international dans la région pour ce qui concerne la souveraineté sur la Palestine mandataire est la Déclaration Balfour avalisée par le Traité de Lausanne de 1923 sous les auspices de la Société des Nations. Or, ce document qui constitue enfin une reconnaissance, même partielle, par les Nations, des droits inaliénables du Peuple d’Israël sur sa patrie historique, après le démembrement de l’empire turc ottoman, destine toute la Palestine mandataire, sur les deux rives du Jourdain au libre retour des Juifs dans leur patrie. C'est-à-dire que l’actuel territoire Jordanien, celui de la Judée et de la Samarie, de Gaza et le territoire israélien étaient tous inclus en toute légalité dans le plan de rétablissement et de renaissance du Peuple d’Israël dans sa patrie.
Il faut souligner que depuis, le seul document juridique qui modifie cette situation est le traité de paix entre Israël et le Royaume de Jordanie. Puisque le refus arabe à laissé les accords de 1949 et de 1967, après les tentatives d’éradication d’Israël par les armées arabes coalisées, à l’état de simples accords de cessez-le-feu, en droit, la Judée et la Samarie, comme Gaza, qui ne sont pas mentionnés, et pour cause, dans le traité israélo-jordanien, restent ouverts au libre établissement des Juifs. Les mensonges mille fois répétés selon lesquels les villes et villages juifs de Judée, de Samarie et de Gaza violeraient les droit international demeurent de la pure propagande et n’ont aucun fondement juridique.
Certes, les trop fameux «Accords d’Oslo» pouvaient laisser entendre que la Judée, la Samarie et la région de Gaza pourraient évoluer vers un régime d’autonomie arabe. Mais rien dans ses dispositions, ne limite le droit d’établissement des Juifs dans ces territoires.
Or, depuis seize ans, force est de constater que ces « accords » qui n’ont pas les caractéristiques ni les critères d’un traité international, sont un échec complet. Leur objectif était d’obtenir une stabilisation politique et une amélioration du niveau de vie des populations arabes palestiniennes supposées permettre ensuite un accord politique définitif. Dans ce cadre, l’Autorité Palestinienne a reçu des pays donateurs, pour trois millions de personnes, des sommes supérieures en valeur à l’ensemble des fonds mobilisés par la Plan Marshall après la seconde guerre mondiale pour permettre (avec succès) le relèvement de l’Europe occidentale.
Et pourtant ces sommes considérables soit se sont enfuies sur des comptes suisses numérotés au profit de l’oligarchie du Fatah, soit ont servi à constituer un arsenal colossal et à financer une guerre terroriste d’envergure dirigée contre l’Etat d’Israël et ses paisibles citoyens. Au lieu d’augmenter, le niveau de vie des Arabes palestiniens a considérablement baissé! L’énorme injustice faite aux citoyens israéliens de la région de Gaza chassés de leurs maisons, de leurs entreprises de leurs champs, de leurs boutique bâtis de leurs mains en toute légalité, soi-disant « pour la paix », n’a été payée de retour par les Palestiniens arabes que par des myriades de tirs de missiles et de roquettes sur les centres urbains israéliens.
Dans ces conditions, à la lumière de faits patents, continuer de prétendre qu’Israël aurait une quelconque obligation d’abandonner les parties de sa patrie historiques libérées en Juin 1967, lors d’une guerre de survie, et pour commencer, geler ses constructions dans ces régions, est au delà de la mauvaise foi et confine au délire. Qu’il y ait en Israël des gens assez dénués de morale élémentaire ou de vision politique pour se faire les laquais des judéophobes de tout acabit, ne saurait nous étonner: la trahison peut toujours avoir ses charmes sous tous les climats et chez tous les peuples.
Que personne toutefois ne s’y trompe. Une vaste majorité d’Israéliens ont compris que les rodomontades bêlantes « pour la paix » ont été fautrices de guerre. Il est grand temps que la politique israélienne à l’intérieur comme à l’extérieur, se fonde sur l’expérience concrète et sur la défense de l’intérêt national compris de façon rationnelle et plus jamais sur des idéologies douteuses inféodées à un Occident versatile et peureux, toujours tenté de présenter la note aux Juifs.
La Tradition Juive voit dans l’Occident une civilisation solaire, au rythme de son calendrier, Israël étant par opposition une civilisation de type lunaire, dont le temps est mesuré au cycle de l’astre de la nuit. Le Roi Salomon, en déclarant qu’il n’est « rien de nouveau sous le soleil », voulait signifier que la civilisation grecque, mère de l’Occident, comme le cycle solaire, est un éternel recommencement, les mêmes causes produisant les mêmes effets historiques sans espoir de renouveau. Pour la sensibilité hébraïque, au contraire le cycle lunaire est à chaque mois, l’occasion d’un nouveau départ, une nouvelle chance. Tout se passe comme si la haine d’Israël si profonde en Occident depuis des siècles, un instant éclipsée par la honte de la Shoa, redevenait, même voilée, même camouflée, même inavouée, le thème majeur, voire le moteur secret de ces millions d’hommes. Fasse le ciel que nous trouvions la force de prouver à la face du monde que ce temps de l’Histoire est bien fini et que l’on ne nous traitera plus jamais en objets passifs de leurs fantasmes mortifères.
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